Poésie, les Vers de Mariposa. A consommer sans modération !
Place à la poésie.
Un poème français et un poème venu d’ailleurs vous sont proposés par Mariposa deux fois par mois: le 15 et le 30. Nous vous en souhaitons une bonne dégustation.
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Autour de l’Océan
Pour la plupart d’entre vous, c’est désormais l’heure des vacances. Pendant cette période de l’année, la grande majorité va vers l’océan respirer le sel et l’iode ; s’enivrer de bain de mer et de soleil. Pour faire écho aux vagues de votre été, voici l’écume des mots de deux poètes qui chantent le souffle des coquillages de l’océan …
Illustration de Patricia GRANGE Visiter le site de l’auteur |
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L\\\'Océan du Poète d’ici
Café iodé
Le matin bleu diaphane m’a levée
Dans le halo des réminiscences.
Les yeux fermés sur mes pensées
Je marche vers l’aura de ta présence.
Mes cils s’ourlent de sel, cristallisés,
Comme touchés par un mascara minéral iodé.
Ma peau se laisse grignoter par la pellicule avide
Des perles de ton sable encore humide.
Le matin bleu diaphane m’a levée
Dans le miroir d’un monde qui n’est pas là
Le regard par le magma des visions tourmenté
Dans l’overdose lumière d’un ailleurs là-bas.
J’ai sur mes papilles ton zeste minéral
Chère petite plage de ma terre natale
J’ai dans mon âme le ressac rythmé
Battant l’écho de tes vagues d’acier.
Le matin bleu diaphane m’a levée
Et mon souffle ricoche, parole mate de buée
Dansante contre la paroi du silence
Sur la lueur causale de mes évidences.
Mon double d’éther s’assied sur un rocher
Où l’eau suinte et goutte, pluie lancinante
Au long des cordes d’un ukulélé
Dans une mélodie évanescente.
Le matin bleu diaphane m’a levée, bien loin de toi, Ouidah
Mais je marche dans le souffle parfumé de ton aura …
Je bois noir le café lavé des eaux de mon sommeil
J’avale la cuillérée sucrée de mes secrets et je souris.
Un reflet sur le fleuve glacé m’a fait rêver de mer au soleil
Et s’éveillent les souvenirs dormant à l’ombre blanche d’une page de poésie.
Bordeaux, le 6 janvier 2010 à 18h00.
Patricia GRANGE dans « Lettres Océanes », Hors-Série Printemps 2010 des Amis de Thalie


L\\\'Océan du Poète d’ailleurs
Parlures
J’arrime le cœur du temps
Afin qu’il se fige
Que plus rien ne bouge
Que je le peigne
L’immortalise
J’aboute les cordages des ans
Pour ne pas oublier
Mes amours, mes enfants
Ce que fut ma vie, ce qu’elle est, et
Deviendra
J’accoste mon âme à ton navire
Pour que tu me saches là
Où que tu sois
Regarde à tribord, vers l’avant
Je me tiens à ta droite
Et le vent adonne tes voiles
Le Fleuve te portera jusqu’à mes eaux
Tes agrès et les allures sont sûrs
Tu arriveras à bon port
Au printemps
Et j’amarine mes vœux
Avant de partir vers les mers lointaines
Où tu me mèneras
Ton amer repèrera l’île
De notre séjour
Je te conduirai à l’Anse
C’est mon jardin secret
Nous nous y aimerons
Puis nous appareillerons
Vers d’autres rivages
Et nos voilures légèrement ardentes
Seront témoins de notre bonheur
Les étoiles étincelantes
Eclaireront notre chemin
Jusqu’au bout du voyage, jusqu’à la fin
Ode (Canada) dans « Lettres Océanes », Hors-Série Printemps 2010 des Amis de Thalie


La Parole du Sage
« L’oubli est un gigantesque océan sur lequel navigue un seul navire, qui est la mémoire. »
Amélie Nothomb, extrait de « Hygiène de l’assassin ».